Vague à l'âme.. dans la Hague

 


Cet été, un de nos éminents Haguais est disparu...                                             Monsieur Didier DECOIN

-prix Goncourt en 1977, prix littéraire du Cotentin en 2005-

Lors de nos ballades dans la Hague, nous passions toujours devant sa maison de pêcheur, blottie au pied du hameau des Roches. Puis nous empruntions, des hauteurs d'Auderville, les sentiers encadrés de murets de pierre, qui font de la pointe de Goury une "petite Irlande".


Pour lui, "Le Cotentin concentre toutes nos envies. Il est ce territoire ambigu et singulier dont on ne sait pas très bien s'il est terrestre ou maritime."


Sur son bureau de France Télévision à Paris, trônait un baromètre qui -chaque jour- lui indiquait la force du vent, l'heure de la prochaine grande marée dans la Hague.  Au fond, il ne quittait jamais son pays d'adoption, tant il avait été impressionné, tout gamin.

"La Hague, c'est une destination, pas un lieu de passage." disait-il.

De tels mots résonnent en nous. Combien d'entre nous partiraient au-delà de sa terre, si ce n'était pas par obligation, ou nécessité ?


Un soir d'hiver, Didier Decoin et son ami Erik Orsenna ont déclaré leur amour au Cotentin :

"Il était une fois, il est exquisément,
une petite terre odorante -car la Hague sent décidément 
et sacrément bon le miel et le foin, le beurre et les embruns.
Et elle a bien du mérite à rester humble,
elle qui est naturellement superlative :
les plus hautes falaises d'Europe,
le plus petit port de France,
et l'un des courants marins
parmi les plus furieusement véloces du monde,
c'est elle..."



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