Benoistville... La Laiterie Coopérative
Se sont-elles rappelées qu'il existait une teinturerie, avec un grenier ventilé pour y sécher les écheveaux de laine ? détruite en juin 1944, comme l'église, et les environs. Bien sûr, Mesdemoiselles, vous n'étiez pas nées !
Que de transformations ! Ce fut dès le XIIème un moulin "l'Abbé "- appartenant à l'Abbaye de Montebourg- un moulin à céréales, doté de 3 meules, vendu lors de la Révolution à des paysans aisés. Une charrette à 5 chevaux portait la farine aux Pieux.
D'autres moulins "Piquet", "Argens".. se sont établis le long de la Diélette, la figuration des lieux s'y prêtait. Un joli cours d'eau au fond du vallon, des plateaux très rentables et une population existante depuis l'Antiquité. Des recherches archéologiques ont permis de le certifier, et aussi le nombre important de fiefs, de hameaux, cités dans les actes, registres..
Qui n'a pas connu le bon beurre, emmailloté dans son papier spécial, pas encore l'aluminium, au nom de la laiterie ? une plaquette de beurre moulée d'un logo particulier.. une belle vache, un veau ou encore une baratte ? Ma grand'mère consultait le journal pour connaître le prix du beurre... ses fermages lui étaient payés selon ce prix ! chose qui m'étonnait.. restée sans solution !
Benoistville paraît avoir été toute tranquille, loin de l'agitation, de la modernité. Or ce n'est pas vrai. Elle fut un centre de production très actif, renommé pour son beurre qui était expédié à Paris, et chez nos amis Anglais.. Sous la forme d'une coopérative, présidée par Ch. Milcent, de 1905 à 1919, la laiterie dut s'imposer aux fermiers réticents. Elle réussit l'exploit de réunir 126 coopérateurs, puis 585, puis 613 en 1913, et collecter 3 millions de litres de lait. Cependant face aux aléas (guerre, concurrence danoise..) elle décline. Messieurs M.Grillard, puis R.Thiébot ont su redresser les comptes -tenus par M.Beaudrap !! oui,oui- et moderniser le processus de production. En 1956, 789 coopérateurs fournissent 10 millions de litres par an, des Records, des Médailles. Oui, cela devient si banal, si petit, face aux fermes des "Mille Vaches"..
Benoistville, une charmante bourgade, un havre de paix !! De jolies chasses, aux fleurs printanières toutes sauvages, on y déambule sans se soucier..
Dix-sept heures ! et là ..tout se bouscule ! Laissez-nous passer, Oust ! la D650 ! vive l'efficacité, la rentabilité. Pourquoi si peu de pancarte écolo ? Pourquoi les habitants se sont-ils laissés envahir ?
Un seul feu rouge pour poursuivre votre chemin qui sent bon la violette, ne le ratez pas !!





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